MaPrimeRénov’ : ce qui risque de changer bientôt pour les propriétaires et copropriétaires
09 Juillet 2026

MaPrimeRénov’ : ce qui risque de changer bientôt pour les propriétaires et copropriétaires

MaPrimeRénov’, l’aide phare pour financer les travaux de rénovation énergétique, pourrait bientôt connaître une refonte importante. Un projet de décret et un projet d’arrêté sont en cours, mais viennent d’être rejetés par le Conseil national de l’habitat. Même si ce rejet n’est pas contraignant, cela signifie que des modifications restent possibles avant l’adoption définitive de ces textes. Si vous avez un projet de travaux ou si vous vous interrogez sur vos futures démarches, il est important de comprendre ce qui pourrait évoluer et ce que cela impliquerait concrètement pour vous.

La réforme envisagée touche aussi bien les propriétaires occupants que les bailleurs et les copropriétaires. Elle s’inscrit dans un contexte de volonté politique d’accélérer la rénovation du parc immobilier, avec un recentrage potentiel des aides. Voici ce que l’on sait, et ce que cela changerait pour vous.

Avant : une aide accessible et connue pour tous les types de travaux

Jusqu’à présent, MaPrimeRénov’ était accessible à la grande majorité des propriétaires, qu’ils occupent leur logement ou qu’ils le mettent en location. Les copropriétaires pouvaient aussi en bénéficier pour des travaux dans les parties communes. Le dispositif couvrait de nombreux types de travaux, depuis l’isolation jusqu’au remplacement du système de chauffage, avec des barèmes clairs selon les revenus et la nature des opérations.

Le fonctionnement était relativement simple : vous pouviez déposer un dossier en ligne, obtenir une estimation de l’aide, puis réaliser les travaux éligibles. Pour beaucoup, MaPrimeRénov’ était devenue un réflexe pour alléger la facture de rénovation énergétique.

Après : une réforme qui pourrait modifier les règles d’accès et le montant des aides

Le projet de décret et d’arrêté actuellement à l’étude vise à réformer MaPrimeRénov’. Même si le Conseil national de l’habitat vient de rendre un avis défavorable, cela ne bloque pas le processus : le gouvernement peut décider d’adopter ces textes malgré tout. Plusieurs amendements ont aussi été discutés récemment, ce qui laisse penser que les contours exacts de la réforme ne sont pas encore figés.

Parmi les changements envisagés, on parle d’un recentrage des aides sur les rénovations globales, c’est-à-dire les travaux qui permettent à un logement de franchir plusieurs classes énergétiques sur le DPE (Diagnostic de performance énergétique). Les gestes simples ou isolés (changement de chaudière, isolation d’un mur…) pourraient être moins bien soutenus, voire exclus du dispositif. La volonté affichée est d’encourager les rénovations profondes, pour accélérer la lutte contre les « passoires thermiques » (logements très mal notés au DPE).

Avant / Maintenant : ce qui change en pratique

  • Avant : Tous les types de travaux d’amélioration énergétique étaient éligibles, même les gestes simples.
    Maintenant : La priorité pourrait être donnée aux rénovations globales, les travaux isolés risquant d’être moins soutenus.
  • Avant : Les barèmes étaient connus, avec des montants d’aide selon vos revenus et la nature des travaux.
    Maintenant : Les critères d’attribution et les montants pourraient évoluer, notamment selon l’ampleur du projet.
  • Avant : Les copropriétés pouvaient bénéficier d’aides pour les parties communes sans condition de projet global.
    Maintenant : Un projet de rénovation d’ensemble pourrait devenir nécessaire pour les copropriétés.
  • Avant : La demande se faisait simplement en ligne, avec une réponse rapide sur l’éligibilité.
    Maintenant : Il pourrait y avoir plus de démarches ou de justificatifs à fournir, surtout pour prouver la performance du logement après travaux.
  • Avant : Les propriétaires bailleurs étaient éligibles, avec des règles similaires aux occupants.
    Maintenant : Des critères spécifiques pourraient apparaître pour les logements loués, afin de cibler la performance énergétique réelle.

Qui est concerné et comment s’adapter ?

Si vous êtes propriétaire occupant, bailleur ou copropriétaire, vous êtes directement concerné par cette possible réforme. Les particuliers ayant un projet de rénovation modeste (isolation d’un mur, changement de fenêtre) pourraient voir leur accès à l’aide réduit. Ceux qui prévoient une rénovation d’ensemble (isolation complète, remplacement du chauffage, ventilation, etc.) seraient encouragés.

Il est donc conseillé :

  • De vous renseigner sur l’état d’avancement de la réforme avant de lancer un nouveau projet de travaux.
  • De regrouper différents travaux pour viser une rénovation globale, si cela est possible dans votre cas.
  • De conserver tous les diagnostics (DPE, audit énergétique) prouvant la performance du logement avant et après travaux.
  • Si vous êtes en copropriété, d’échanger avec le conseil syndical pour anticiper la nécessité d’un projet global.

En résumé, la réforme de MaPrimeRénov’ pourrait changer en profondeur la façon dont vous préparez vos travaux et calculez votre budget. Pour les particuliers, le principal enjeu sera d’anticiper une éventuelle restriction des aides pour les petits gestes, et de viser des rénovations plus ambitieuses si vous souhaitez bénéficier du meilleur soutien financier.

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